Forum Zachée 2024

De quoi sommes-nous vraiment responsables ?

 

Un enjeu pour chacun

 

Il n’est pas toujours de facile de discerner où se situe notre responsabilité personnelle face aux enjeux et évènements qui traversent nos existences. Et pourtant, nous nous sentons souvent concernés avec la volonté de nous impliquer pour faire évoluer les choses. Certaines situations, à hauteur d’homme, sont les conséquences de nos actes, il nous est alors facile de comprendre la responsabilité qui nous incombe et d’agir pour en assumer les conséquences.

En revanche, d’autres phénomènes généraux ou plus globaux nous interpellent : le changement climatique, l’injustice, la faim dans le monde, certains conflits, etc. A-t-on une part de responsabilité dans ces phénomènes ? Laquelle ?

S’il est indispensable de répondre à ses questions pour agir avec justesse, le discernement de la responsabilité n’est pas évident. Nous sommes souvent tiraillés entre deux tendances extrêmes : d’un côté une déresponsabilisation, de l’autre une sur-responsabilisation.

  • Déresponsabilisation car la complexité du monde nous empêche de lier les causes et les conséquences, parce que certains acteurs, comme les états par exemple, peuvent surinvestir leur engagement et empêcher d’autres corps intermédiaires ou d’autres personnes d’assumer pleinement leur responsabilité.
  • Sur-responsabilisation lorsque certains courants de pensée considèrent qu’une responsabilité incombe à un groupe du fait de son héritage ou de sa position sociale sans discernement précis et sans possibilité d’interroger les liens de causes à effets.

Or, mal discerner sa responsabilité conduit presque inévitablement soit à l’indifférence soit à une forme d’angoisse et de culpabilité qui nous projette dans l’activisme ou, à l’opposé, dans la désespérance et l’immobilisme.

Le développement de l’éco-anxiété, par exemple, apparaît comme un symptôme d’une difficulté à discerner sa responsabilité et la manière d’assumer les conséquences de ses actes.

Wokisme, cancel culture, décolonialisme sont autant de courants qui invitent aujourd’hui à étendre la responsabilité à des groupes élargis qui devraient assumer les choix posés par les générations antérieures ou à généraliser la responsabilité d’une communauté à la suite d’actes isolés de quelques membres. Si l’injustice initiale reste patente et révoltante, qui est vraiment responsable ? Et quelle est notre responsabilité individuelle et collective ?

 

Parvenir à discerner sa responsabilité nécessite d’abord d’assumer la complexité du monde.  Or, pour cela, les simplifications sont à éviter.

Il y a, dès lors, un enjeu à trouver le moyen de discerner sa responsabilité dans les petits et les grands défis de notre monde car c’est la condition d’un engagement ajusté et d’une espérance entretenue.

 

Une question transversale

 

La question du discernement de la responsabilité traverse toutes les situations de nos vies : travail, éducation, vie spirituelle, etc.

 

Ainsi, la capacité à assumer ses responsabilités est aussi intimement liée aux moyens dont on dispose pour cela. C’est une question récurrente dans les organisations et entreprises. Face à l’injonction permanente d’engagement et de prise de responsabilité, la question se pose des moyens dont disposent ceux qui doivent assumer ces responsabilités.

Il n’est pas toujours facile d’assumer ses responsabilités. Le faire suppose donc d’avoir les moyens mais aussi de s’y préparer, éventuellement, d’être accompagné.

Comment éduque-t-on à la responsabilité ? Dans quelle mesure nos systèmes éducatifs favorisent ou non cette capacité de discernement et de prise de responsabilité ?

Une éducation intégrale va nécessiter la présence d’acteurs multiples et coordonnés. A quelles conditions cela est-il possible ?

Enfin, ce discernement de la responsabilité est aussi un enjeu spirituel. Pour tout chrétien, la responsabilité individuelle et collective est intimement liée à la recherche du Bien commun : « Le bien commun engage tous les membres de la société : aucun n’est exempté de collaborer, selon ses propres capacités, à la réalisation et au développement de ce bien » (compendium, n°167). Il y a donc un devoir chrétien d’assumer ses responsabilités de façon à bâtir le Bien commun. Cela n’est possible qu’en enracinant l’action dans la prière.

C’est pourquoi saint Ignace de Loyola invitait à « prier comme si tout dépendait de Dieu et à agir comme si tout dépendait de soi ».

Si cette invitation est cohérente, elle doit nécessairement nous interroger : qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Une invitation à la rencontre et au dialogue

 

Le forum Zachée 2024 sera l’occasion de s’interroger sur cette question du discernement de sa responsabilité à différents niveaux, grâce à des intervenants de qualité….